
Ménopause : comment garder la forme ?
La ménopause bouleverse l'équilibre du corps féminin. Fatigue, prise de poids, troubles du sommeil… Comment garder la forme et préserver sa santé à cette étape ? Le Dr Agnieszka Szmurło nous éclaire.
La ménopause s'installe, et avec elle la graisse abdominale s'invite au niveau du ventre. Comment perdre ce ventre à la ménopause, sans régimes extrêmes ni privations ? Voici nos conseils et ceux du Dr Agnieszka Szmurło.
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La ménopause s'accompagne de profondes modifications hormonales. La production d'œstrogènes chute, et tout l'équilibre hormonal se réorganise. Ces hormones féminines jouaient un rôle clé dans la répartition des graisses.
Le Dr Agnieszka Szmurło explique : « Avant la ménopause, les œstrogènes orientent le stockage vers la graisse sous-cutanée, surtout sur les hanches et les cuisses. Quand ils baissent, le corps stocke davantage de graisse viscérale, en profondeur, autour des organes. »
Cette graisse viscérale passe d'environ 5 à 8 % de la masse grasse avant la ménopause à 15 à 20 % après1. Cette bascule vers une silhouette plus androïde est liée à la carence en œstrogènes2.
La régulation hormonale du tissu adipeux change donc en profondeur. À cela s'ajoute une perte de masse musculaire fréquente à cette période3. Or le muscle brûle de l'énergie au repos. Sa diminution favorise l'accumulation de graisses abdominales.
Enfin, les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil et la rétention d'eau accentuent l'inconfort. La rétention d'eau liée aux variations hormonales n'est pas de la graisse, mais elle fait gonfler la silhouette. Il existe d'ailleurs des gestes simples contre le ventre gonflé à la ménopause.
Certaines femmes se voient proposer un traitement hormonal de la ménopause pour soulager les symptômes, mais il ne cible pas directement la graisse du ventre. Comprendre ces modifications hormonales aide à agir au bon endroit. Même si l'on ne contrôle pas directement ses hormones féminines, l'hygiène de vie influence le stockage des graisses et soutient la régulation hormonale du métabolisme.
Le Dr Szmurło précise : « Toutes les graisses ne se valent pas. La graisse sous-cutanée, celle que l'on pince sous la peau, est relativement inerte. La graisse viscérale, elle, est métaboliquement active et bien plus problématique. »
Cette graisse abdominale profonde libère des acides gras et des molécules inflammatoires. Elle est associée à une résistance à l'insuline et à un risque accru de diabète de type 24.
L'excès de graisses abdominales augmente aussi le risque de maladies cardiovasculaires et de maladies cardiaques. L'hypertension artérielle y est plus fréquente. C'est pourquoi le tour de taille est un bon indicateur de santé, au-delà du seul poids.
Réduire la graisse viscérale n'est donc pas qu'une question de silhouette. C'est aussi un geste de prévention contre le diabète de type 2 et les maladies cardiaques.
En moyenne, les femmes prennent quelques kilos pendant la transition ménopausique, souvent au niveau du ventre. Bouger aide à perdre du poids à la ménopause, et l'alimentation fait le reste. Perdre cette graisse abdominale demande du temps et de la régularité. Voici les leviers les plus efficaces.
Les régimes très restrictifs (express, hyperprotéinés, mono-aliments) promettent une perte rapide. Mais ils sont risqués. Ils exposent à des carences et déséquilibrent l'organisme. Surtout, ils font fondre la masse musculaire autant que la graisse. À l'arrêt, c'est l'effet yoyo, avec une reprise du poids. Un régime alimentaire trop strict est donc contre-productif.
Nous vous le déconseillons. Mieux vaut viser une alimentation saine et durable, soutenue par l'activité physique.
L'activité physique est le levier le plus solide. Une vaste méta-analyse (101 études, près de 5 700 femmes ménopausées) le confirme : l'exercice physique réduit la masse grasse, le tour de taille et la graisse viscérale5. Bouger protège aussi le cœur et réduit le risque de maladies cardiovasculaires.
Le mieux est de combiner deux types d'exercices physiques. Marche active, vélo, natation ou marche nordique conviennent parfaitement pour le volet cardio. Le renforcement présente un autre atout : il pourrait réduire la fréquence des bouffées de chaleur6.
Le Dr Szmurło recommande : « Le cardio modéré brûle les graisses, tandis que le renforcement musculaire reconstruit la masse maigre et relance le métabolisme. C'est leur association qui agit le plus durablement sur la graisse viscérale. »
Pour le ventre, des exercices ciblés renforcent la sangle abdominale. Gainage, planche ou pilates sollicitent les muscles du ventre en profondeur. Attention : ces exercices ciblés raffermissent la sangle abdominale, mais ne font pas fondre la graisse à eux seuls. Ils complètent le cardio modéré et une alimentation saine.
Si bouger n'est pas un réflexe, commencez simple. Une marche active quotidienne de 30 minutes, ou une séance de marche nordique deux fois par semaine, suffit pour enclencher la dynamique. L'essentiel est de choisir des exercices physiques qui vous plaisent, pour tenir dans la durée. Tout exercice physique régulier, même modéré, agit sur la graisse abdominale et sollicite les muscles du ventre.
L'assiette joue un rôle déterminant. Un régime alimentaire adapté à la ménopause ne rime pas avec privation. Il vise une alimentation saine, variée et durable. Si une perte de poids est souhaitée, un léger déficit calorique, encadré par un(e) diététicien(ne), reste la voie la plus sûre. Pour savoir quels aliments éviter pendant la ménopause, voici les repères utiles.
Non, surtout pas. Sauter des repas favorise les fringales et le grignotage. Sous l'effet des bouffées de chaleur et des insomnies, la nourriture peut devenir un refuge. Mieux vaut garder 3 à 4 repas réguliers. Cette régularité stabilise l'appétit et ménage votre système digestif.
Les sucres raffinés et les sucres ajoutés font grimper la glycémie et favorisent le stockage abdominal. On les trouve dans les pâtisseries, sodas et nombreux produits industriels. Limitez les sucres ajoutés cachés, y compris dans les plats salés. Préférez les aliments à index glycémique bas : légumes, fruits frais, céréales complètes. Réduire les sucres raffinés aide à limiter la graisse abdominale.
Les fibres sont vos alliées. Visez environ 30 g par jour, via légumes, fruits, légumineuses et céréales complètes.
Le Dr Szmurło observe : « Les fibres solubles sont particulièrement intéressantes. Une fois fermentées par le microbiote intestinal, elles produisent des composés qui stimulent les hormones de la satiété et réduisent l'appétit7. »
Ces fibres solubles ralentissent aussi l'absorption des sucres et nourrissent un microbiote intestinal équilibré. Un système digestif en bonne santé soutient le contrôle du poids. À l'inverse, réduisez les aliments ultra-transformés, pauvres en fibres et riches en additifs.
Toutes les graisses ne se valent pas. Limitez les graisses saturées (charcuterie, fromage, beurre) et surtout les graisses trans, présentes dans certains aliments ultra-transformés et fritures. Ces graisses trans et graisses saturées en excès favorisent la graisse abdominale et les maladies cardiaques. Préférez les huiles végétales (olive, colza) et les poissons gras, sources de bonnes graisses.
Le sel est nécessaire, mais en excès il pose deux problèmes. Il favorise l'hypertension artérielle et accentue la rétention d'eau, donc la sensation de ventre gonflé. Limitez-vous à moins de 5 g par jour, soit une cuillère à café8. Méfiez-vous du sel caché des aliments ultra-transformés.
Aucun complément alimentaire ne fait fondre la graisse abdominale à lui seul. Les compléments alimentaires ne remplacent ni l'activité physique ni une alimentation saine.
Certains apports méritent toutefois une attention à la ménopause. La vitamine D, par exemple, est souvent insuffisante à cet âge. Un manque de vitamine D est fréquent à cette période. Un bilan permet de vérifier vos besoins. Demandez conseil à votre médecin avant toute supplémentation.
Le stress chronique ne se voit pas, mais il pèse sur le ventre. Il élève le cortisol, une hormone qui favorise le stockage de graisse viscérale. Un stress chronique prolongé complique donc la perte de ventre, même avec une bonne hygiène de vie.
Le sommeil compte tout autant. Mal dormir dérègle l'appétit et fragilise l'équilibre hormonal. Apaiser le mental, par la respiration, le yoga ou la marche active, aide à mieux traverser cette période.
Voici une synthèse des actions efficaces. Ce tableau ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.
Levier | Ce que dit la science | À mettre en place |
Activité physique | Réduit la graisse viscérale et le tour de taille | 30 min de cardio modéré par jour |
Renforcement musculaire | Reconstruit le muscle, relance le métabolisme | 2 séances par semaine, muscles du ventre inclus |
Alimentation saine | Fibres et microbiote intestinal favorisent la satiété | Plus de fibres, moins d'aliments ultra-transformés |
Sucres et graisses | Sucres ajoutés et graisses trans favorisent le stockage | Limiter sucres et graisses saturées |
Sel | L'excès accentue la rétention d'eau | Moins de 5 g par jour |
Stress chronique et sommeil | Le cortisol favorise la graisse viscérale | Sommeil régulier, détente |
Prendre du ventre à la ménopause n'a rien d'une fatalité. Ce phénomène s'explique par des modifications hormonales qui déplacent les graisses vers l'abdomen. En agissant sur l'activité physique, l'alimentation saine, le sommeil et le stress chronique, on retrouve peu à peu un ventre plus plat et, surtout, une meilleure santé. Chez VICHY, nous vous encourageons à avancer pas à pas, sans privation, et à vous faire accompagner si besoin.
Questions fréquentes sur la perte du ventre à la ménopause
Non. Le traitement hormonal de la ménopause vise à soulager les symptômes, pas à faire maigrir. Son effet sur la composition corporelle reste discuté. Certaines données suggèrent un peu moins de graisse viscérale sous traitement, mais ce n'est pas un traitement amaigrissant. La décision se prend avec un médecin.
Non. Les exercices ciblés raffermissent la sangle abdominale, mais ne brûlent pas la graisse localement. Il faut les associer à du cardio modéré et à une alimentation saine.
Pas nécessairement. Aucun complément alimentaire ne remplace l'hygiène de vie. Un point sur la vitamine D peut être utile, après avis médical.
Il n'y a pas de réponse unique. La perte est progressive et dépend de l'activité physique, de l'alimentation saine et du sommeil. La régularité prime sur la vitesse. Un régime alimentaire trop rapide expose à l'effet yoyo.
Le Dr Agnieszka Szmurło est médecin dermatologue et vénérologue, exerçant à Varsovie. Diplômée de la faculté de médecine de l'Université de médecine de Varsovie, elle est également médecin en médecine esthétique. Elle est membre de la Société polonaise de dermatologie et de l'Association des dermatologues esthétiques.
Son expertise porte sur la santé de la peau et des cheveux, des troubles inflammatoires et allergiques cutanés à la trichologie, ainsi que sur l'évaluation dermatoscopique des lésions cutanées. Cette approche, qui relie santé et esthétique, rejoint la philosophie des Laboratoires VICHY : prendre soin de la peau à chaque étape de la vie, y compris pendant la ménopause.
1 Kodoth, Varna, Samantha Scaccia, et Brooke Aggarwal. "Adverse Changes in Body Composition During the Menopausal Transition and Relation to Cardiovascular Risk: A Contemporary Review." Women's Health Reports 3, no 1 (2022): 573–81. https://doi.org/10.1089/whr.2021.0119.
2 Papadakis, Georgios E., Didier Hans, Elena Gonzalez Rodriguez, et al. "Menopausal Hormone Therapy Is Associated With Reduced Total and Visceral Adiposity: The OsteoLaus Cohort." The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism 103, no 5 (2018): 1948–57. https://doi.org/10.1210/jc.2017-02449.
3 Szeliga, Anna, Peter Chedraui, et Blazej Meczekalski. "The Impact of the Menopausal Transition on Body Composition and Abdominal Fat Redistribution." Journal of Clinical Medicine 15, no 2 (2026): 740. https://doi.org/10.3390/jcm15020740.
4 Lee, Angel A., et Laura J. J. Den Hartigh. "Metabolic Impact of Endogenously Produced Estrogens by Adipose Tissue in Females and Males across the Lifespan." Frontiers in Endocrinology 16 (octobre 2025). https://doi.org/10.3389/fendo.2025.1682231.
5 Khalafi, Mousa, Aref Habibi Maleki, Mohammad Hossein Sakhaei, et al. "The effects of exercise training on body composition in postmenopausal women: a systematic review and meta-analysis." Frontiers in Endocrinology 14 (juin 2023): 1183765. https://doi.org/10.3389/fendo.2023.1183765.
6 Sá, Kamilla Mayr Martins, Gabriela Resende da Silva, Ulisses Kiskissian Martins, et al. "Resistance Training for Postmenopausal Women: Systematic Review and Meta-Analysis." Menopause (New York, N.Y.) 30, no 1 (2023): 108–16. https://doi.org/10.1097/GME.0000000000002079.
7 Shallangwa, Swang M., Alexander W. Ross, Alan W. Walker, et Peter J. Morgan. "Resident gut microbiota community determines the efficacy of soluble fiber in reducing adiposity." Frontiers in Microbiology 15 (avril 2024): 1392016. https://doi.org/10.3389/fmicb.2024.1392016.
8 ameli.fr. "Traitements lors de la ménopause." Consulté le 4 décembre 2023. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/menopause/traitements.
