Le ventre gonflé n'a rien d'une fatalité. Plusieurs mécanismes, souvent liés aux hormones, l'expliquent.
Le rôle des hormones dans le transit intestinal
À la ménopause, la baisse des œstrogènes ne se limite pas aux bouffées de chaleur : en réorganisant tout le système hormonal, elle touche aussi le système digestif. Les hormones sexuelles, œstrogènes et progestérone, se fixent sur des récepteurs présents dans la paroi de l'intestin et modulent ainsi sa motricité, c'est-à-dire la vitesse à laquelle les aliments y progressent1. Quand leur taux chute, ce transit intestinal a tendance à ralentir chez de nombreuses femmes. Les aliments stagnent alors plus longtemps dans le côlon et fermentent davantage, ce qui produit les gaz responsables des ballonnements. Le mécanisme précis reste à l'étude, mais ces fluctuations hormonales sont clairement associées à un inconfort digestif plus fréquent à cette période.
La baisse des œstrogènes influence par ailleurs l'équilibre de l'eau dans le corps et accentue la rétention d'eau, ou rétention hydrique : le ventre paraît alors gonflé, souvent en fin de journée.
Le Dr Agnieszka Szmurło explique : « À la ménopause, la chute des œstrogènes ralentit le transit et favorise la rétention d'eau. Le ventre gonflé est très fréquent, et le plus souvent passager. »
L'influence de la ménopause dans le microbiote
La ménopause influence aussi le microbiote intestinal, l'ensemble des bactéries qui peuplent l'intestin. Des travaux associent la baisse des œstrogènes à une modification de ce microbiome intestinal, même si les preuves restent débattues2. Or une flore intestinale déséquilibrée perturbe le fonctionnement digestif et accentue les ballonnements. Préserver cette flore intestinale devient donc un véritable allié confort.
Le lien entre stress, sommeil et digestion
Le système nerveux joue également un rôle. Le stress augmente le cortisol, l'hormone du stress, qui perturbe la digestion et le transit digestif. Les troubles du sommeil, fréquents à cause des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes, amplifient ce stress. Un cercle vicieux s'installe entre mauvaise nuit, tension et inconfort digestif.