Alopécie areata : quelles causes et solutions pour y faire face ?

L'alopécie areata (ou la pelade) peut se déclencher en raison de plusieurs facteurs, en particulier la génétique et l'environnement. Pour l'apaiser, des traitements médicaux associés à des soins anti-chute sont recommandés. Décryptage de cette maladie.

Temps de lecture : 5 min.

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Auteur : Mathilde

Qu'est-ce que l'alopécie areata ?

L'alopécie areata, de son nom scientifique alopecia areata (et plus largement connue comme étant la pelade) est une maladie auto-immune. Elle se caractérise par une attaque du système immunitaire contre les follicules pilaires. En réaction, une chute de cheveux brutale et localisée se déclenche en formant des plaques rondes ou ovales. Ces dernières se limitent généralement au cuir chevelu, mais peuvent parfois s'étendre à d'autres zones du corps.


Quel que soit l'âge, le sexe ou l'origine ethnique, tout le monde peut être touché par cette pathologie. Cependant, elle a surtout tendance à se développer avant l'âge de 30 ans.


Selon l'étendue de la perte de cheveux, il existe plusieurs formes de pelades :


  • l'alopecia areata localisée, la plus commune, se limite à quelques plaques alopéciques ;
  • l'alopecia areata totalis entraîne une perte complète des cheveux du cuir chevelu ;
  • l'alopecia areata universalis (forme la plus sévère) provoque la disparition de toute la pilosité du corps, y compris les sourcils et les cils1.

Quand cette maladie se déclare, les follicules pilaires ne meurent pas : ils deviennent inactifs. Une repousse spontanée demeure alors possible, même après plusieurs années d'évolution. Le diagnostic repose sur un examen clinique, mais une biopsie du cuir chevelu peut s'avérer nécessaire pour le confirmer et écarter d'autres types de chutes de cheveux.


À noter : contrairement à l'alopécie androgénétique, l'alopécie areata n'est pas liée aux hormones sexuelles : elle résulte simplement d'un dysfonctionnement du système immunitaire.

Quelles sont les principales causes de l'alopécie areata ?

L'alopécie areata résulte d'une combinaison complexe de facteurs génétiques, immunologiques et environnementaux qui perturbent le fonctionnement normal du système immunitaire.


Les facteurs génétiques


La prédisposition génétique joue un rôle fondamental dans le développement de l'alopécie areata. En effet, environ 20 % des patients ont des antécédents familiaux de cette maladie, ce qui suggère une transmission héréditaire2. Plusieurs gènes sont d'ailleurs identifiés comme facteurs de risque, notamment ceux impliqués dans la régulation du système immunitaire.


Les personnes porteuses de certaines variations génétiques présentent un risque accru de développer cette pathologie. Cependant, la présence de ces variants génétiques ne garantit pas l'apparition de la maladie : les facteurs environnementaux jouent donc un rôle certain dans son déclenchement.


Les déclencheurs environnementaux


Le stress constitue l'un des principaux facteurs déclenchants de l'alopécie areata. Les événements traumatisants, qu'ils soient physiques ou psychologiques, peuvent initier ou aggraver la maladie chez les personnes prédisposées. Le stress chronique perturbe l'équilibre immunitaire et peut déclencher une réaction auto-immune contre les follicules pilaires3.


Les infections virales, comme celles du système respiratoire, peuvent aussi précéder l'apparition de plaques d'alopécie. Certains vaccins, médicaments ou traumatismes physiques ont parfois été rapportés comme facteurs déclenchants, bien que ces associations restent rares.


Les maladies auto-immunes associées


L'alopécie areata s'associe fréquemment à d'autres maladies auto-immunes. Les patients atteints présentent un risque accru de développer une thyroïdite auto-immune, un vitiligo, une dermatite atopique ou une maladie cœliaque4. Ces associations fréquentes renforcent l'hypothèse qu'il existe un terrain auto-immun commun à ces différentes pathologies.

Quels sont les signes de l'alopécie areata ?

Reconnaître les signes de la pelade, c'est permettre un diagnostic précoce et une prise en charge personnalisée au plus tôt. Surveillez donc particulièrement les symptômes suivants :


  • une apparition brutale de plaques rondes ou ovales de perte de cheveux, aux contours nets et parfaitement délimités, avec une peau lisse et sans inflammation visible ;
  • une taille de plaques variant de quelques millimètres à plusieurs centimètres de diamètre, qui forment progressivement des zones plus étendues de perte de cheveux ;
  • des cheveux en « point d'exclamation » à la périphérie des plaques, c'est-à-dire avec une base effilée puis une extrémité plus épaisse5.

Comment peut évoluer l'alopécie areata ?

L'évolution de l'alopécie areata demeure largement imprévisible. Certains patients voient leurs cheveux repousser spontanément en quelques mois, tandis que d'autres développent de nouvelles plaques circonscrites ou voient des formes plus étendues apparaître. Cette évolution constante est d'ailleurs l'une des caractéristiques les plus déstabilisantes de cette maladie.


Quand la repousse survient, elle débute généralement par une apparition de cheveux fins et dépigmentés, qui récupèrent progressivement leur couleur et leur épaisseur habituelles. Toutefois, des récidives restent possibles, même après une repousse complète ! C'est pourquoi toute personne concernée doit bénéficier du suivi d'un professionnel de santé.


Notez aussi que même si la pelade affecte surtout le cuir chevelu, elle peut aussi toucher d'autres zones du corps. Les sourcils, les cils, la barbe chez l'homme, mais aussi les poils du corps peuvent être concernés. Parfois, même les ongles peuvent présenter des anomalies : fragilité, stries longitudinales, ponctuations6

Comment lutter efficacement contre l'alopécie areata ?

La prise en charge de l'alopécie areata nécessite une approche multidisciplinaire : il faut à la fois combiner des traitements médicamenteux et des soins appropriés pour espérer de bonnes évolutions.


Des solutions médicales


Les traitements médicamenteux de l'alopécie areata visent à moduler la réponse immunitaire et à favoriser la repousse des cheveux.


  • Les corticostéroïdes sont particulièrement conseillés pour les formes localisées7.
  • Les inhibiteurs de JAK (Janus Kinases), comme baricitinib8 et le ritlecitinib9, sont aussi utilisés dans le traitement de l'alopécie areata. Ils agissent en bloquant les voies de signalisation inflammatoires impliquées dans la pathogenèse de la maladie.
  • La thérapie par lumière UV, notamment la PUVA-thérapie, peut être proposée en cas d'échec des traitements conventionnels. Cette démarche thérapeutique module l'activité immunitaire locale et peut améliorer la repousse dans certains cas.

Nous pouvons aussi mentionner d'autres solutions émergentes comme l'immunothérapie de contact avec la diphencyprone (DPCP), la ciclosporine ou le méthotrexate10. Celles-ci sont surtout réservées aux formes résistantes et étendues de pelade, et uniquement réalisées sous une surveillance spécialisée.


Des soins complémentaires


En plus des solutions médicales, il est vivement conseillé d'intégrer des soins capillaires dédiés à l'anti-chute dans sa routine. Un shampoing anti-chute formulé pour les cuirs chevelus sensibles va aider à préserver l'équilibre cutané et à stimuler la circulation sanguine locale. Même s'ils ne vont pas directement agir sur la maladie, les produits cosmétiques anti-chute participent à l'hygiène capillaire et au confort du patient. Ils ne sont donc pas à négliger !


En parallèle, vous pouvez envisager des compléments alimentaires à base de vitamine B, de zinc, de fer et d'autres nutriments essentiels pour soutenir la santé des follicules pilaires. Pourquoi ? Car alimentation et chute de cheveux sont liées ! Une alimentation équilibrée riche en protéines, en vitamines et en minéraux va optimiser les conditions de repousse quand l'inflammation s'apaisera11.


Bon à savoir : les techniques de microneedling et le massage du cuir chevelu peuvent stimuler la vascularisation locale et augmenter l'efficacité des traitements médicamenteux topiques.


Des astuces pour la camoufler


En attendant la repousse, plusieurs solutions existent pour dissimuler les zones alopéciques. De façon temporaire, vous pouvez envisager :


  • les poudres densifiantes ;
  • les fibres capillaires ;
  • les produits de maquillage spécialisés ;
  • les perruques ;
  • les prothèses capillaires ;
  • le port d'un foulard.

Dans les cas très localisés et stables, une greffe de cheveux peut être envisagée. Cependant, il s'agit encore d'une option très controversée en raison du risque de récidive de la maladie. Demandez donc toujours conseil à un professionnel de santé au préalable.

Comment mieux gérer au quotidien son alopécie areata ?

Vivre avec l'alopécie areata, c'est devoir adapter son mode de vie et développer des stratégies pour mieux faire face à des défis physiques et psychologiques. En effet, la pelade affecte beaucoup l'estime et la confiance en soi des patients. Une perte de cheveux soudaine, considérés comme des symboles d'identité, peut provoquer de l'anxiété et de l'isolement social. Les enfants et les adolescents sont d'ailleurs particulièrement vulnérables aux répercussions psychologiques de cette maladie.


C'est pourquoi il ne faut pas hésiter à communiquer ouvertement à propos de l'alopécie areata. Parlez-en à votre entourage, et songez à vous tourner vers un accompagnement psychologique professionnel. Les thérapies cognitivo-comportementales aident à modifier les pensées négatives et à développer des mécanismes d'adaptation constructifs. De plus, des groupes de soutien existent pour aider les patients à gérer l'impact émotionnel de cette alopécie circonscrite. Ces espaces d'échange permettent de partager des expériences, des conseils pratiques et un soutien psychologique entre des personnes confrontées aux mêmes défis.


Bien que très imprévisible et parfois invalidante, il est toujours possible de lutter contre l'alopécie areata. Les avancées scientifiques récentes offrent de nouveaux espoirs aux patients, avec des solutions toujours plus poussées pour faciliter la repousse. Si vous ou l'un de vos proches est concerné, n'hésitez pas à vous renseigner auprès des professionnels de santé dédiés.



Sources


1 Branch, NIAMS Science Communications and Outreach. « Alopecia Areata ». National Institute of Arthritis and Musculoskeletal and Skin Diseases, NIAMS, 4 avril 2017. https://www.niams.nih.gov/health-topics/alopecia-areata.

2 « Alopecia Areata ». National Alopecia Areata Foundation | NAAF, s. d. Consulté le 17 juillet 2025. https://www.naaf.org/alopecia-areata/.

3 Ahn, Dongkyun, Hyungjun Kim, Bombi Lee, et Dae-Hyun Hahm. « Psychological Stress-Induced Pathogenesis of Alopecia Areata: Autoimmune and Apoptotic Pathways ». International Journal of Molecular Sciences 24, no 14 (2023): 11711. https://doi.org/10.3390/ijms241411711.

4 Naik, Piyu Parth, et Syed Nadir Farrukh. « Association between Alopecia Areata and Thyroid Dysfunction ». Postgraduate Medicine 133, no 8 (2021): 895‑98. https://doi.org/10.1080/00325481.2021.1974689.

5 Tobin, D. J., D. A. Fenton, et M. D. Kendall. « Ultrastructural Study of Exclamation-Mark Hair Shafts in Alopecia Areata ». Journal of Cutaneous Pathology 17, no 6 (1990): 348‑54. https://doi.org/10.1111/j.1600-0560.1990.tb00111.x.

6 Pelzer, Christin, et Matilde Iorizzo. « Alopecia Areata of the Nails: Diagnosis and Management ». Journal of Clinical Medicine 13, no 11 (2024): 3292. https://doi.org/10.3390/jcm13113292.

7 Gregoire, Samantha, Basil McIntosh, Katherine Sanchez, Ursula Biba, et Arash Mostaghimi. « Local Corticosteroids for Alopecia Areata: A Narrative Review ». Dermatology and Therapy 15, no 7 (2025): 1607‑31. https://doi.org/10.1007/s13555-025-01421-2.

8 Haute Autorité de Santé. « OLUMIANT (baricitinib) ». Octobre 2023. https://www.has-sante.fr/upload/docs/evamed/CT-20292_OLUMIANT_pelade_PIC_EI_AvisDef_CT20292.pdf.

9 Haute Autorité de Santé. « LITFULO (ritlécitinib) - Pelade ». Consulté le 17 juillet 2025. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3505844/fr/litfulo-ritlecitinib-pelade.

10 Happle, R., B. M. Hausen, et L. Wiesner-Menzel. « Diphencyprone in the Treatment of Alopecia Areata ». Acta Dermato-Venereologica 63, no 1 (1983): 49‑52.

11 O'Connor, Kelly, et Lynne J. Goldberg. « Nutrition and Hair ». Clinics in Dermatology 39, no 5 (2021): 809‑18. https://doi.org/10.1016/j.clindermatol.2021.05.008.

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