La perte de cheveux ne découle jamais d'un mécanisme unique. Identifier précisément son origine est la première étape d'un diagnostic chute de cheveux pertinent.
L'alopécie androgénétique
L'alopécie androgénétique est la forme la plus répandue de chute de cheveux, aussi bien chez les hommes que chez les femmes2. Elle résulte d'une prédisposition génétique qui rend les follicules pileux sensibles aux androgènes, notamment à la dihydrotestostérone (DHT). Sous l'effet de cette hormone, les follicules se miniaturisent progressivement : la fibre capillaire produite devient plus fine, moins dense et plus courte à chaque cycle. Chez l'homme, cette miniaturisation suit un schéma frontal et vertex caractéristique (la fameuse calvitie masculine). Chez la femme, l'alopécie androgénétique se traduit plutôt par un affinement diffus sur le sommet du crâne, sans recul de la ligne frontale.
L'hérédité joue un rôle déterminant, mais d'autres facteurs aggravent ce phénomène, comme le stress chronique, certaines variations hormonales (ménopause, post-partum) ou une alimentation qui manque de nutriments essentiels.
À noter : en cas d'alopécie cicatricielle, le follicule pileux est définitivement détruit. La repousse des cheveux n'est donc plus possible. Des solutions comme la greffe capillaire peuvent alors être envisagées.
L'effluvium télogène
L'effluvium télogène est une chute de cheveux réactionnelle, temporaire et généralement réversible. Il survient 6 à 12 semaines après un événement déclencheur : un stress intense, une fièvre élevée, un accouchement (effluvium post-partum), une carence en fer ou en protéines, une intervention chirurgicale ou un choc émotionnel. Ce décalage s'explique par la biologie du cycle pilaire : l'événement perturbateur provoque un passage brutal d'un grand nombre de follicules en phase télogène, et la chute n'est visible que plusieurs semaines plus tard.
La perte de cheveux y est diffuse, sans topographie particulière et ne s'accompagne pas d'affinement de la fibre capillaire. Une fois la cause résolue et une solution adaptée mise en place, le cycle se relance généralement dans les mois qui suivent.
Le rôle du microbiome et de l'environnement
Le microbiome capillaire, soit l'ensemble des micro-organismes qui colonisent le cuir chevelu et les follicules pileux, joue un rôle de plus en plus documenté dans la santé capillaire3. Un déséquilibre de cette flore microbienne peut déclencher une inflammation qui altère l'environnement immédiat du bulbe capillaire, perturbe les échanges nutritifs et raccourcit la phase anagène.
La pollution atmosphérique peut renforcer ce phénomène en générant un stress oxydatif sur les tissus du cuir chevelu sensible. En effet, les particules fines et les gaz polluants accélèrent la dégradation des lipides de surface, fragilisent la barrière cutanée et appauvrissent la qualité de la nouvelle fibre capillaire produite4.