Diagnostic chute de cheveux : quel bilan médical réaliser ?

Vous constatez une chute de cheveux inhabituelle et vous vous demandez s'il faut consulter ? Un diagnostic capillaire complet vous permettra d'identifier précisément le type de chute de cheveux qui vous concerne. Décryptage dans ce guide complet.

Temps de lecture : 4 min.

-

Auteur : Mathilde

Praticienne réalisant un diagnostic de cheveux sur une femme

Le diagnostic de la chute de cheveux en bref

  • Un examen clinique est nécessaire pour confirmer le diagnostic de chute de cheveux et identifier sa nature exacte.
  • Le diagnostic capillaire comprend plusieurs étapes : entretien médical, examen visuel, test de traction, dermoscopie et éventuellement analyses sanguines.
  • Les principales causes identifiées incluent l'alopécie androgénétique, les carences nutritionnelles, le stress, les dérèglements hormonaux et les infections du cuir chevelu.
  • Le trichogramme capillaire permet d'analyser le cycle des cheveux et de déterminer la proportion de cheveux en phase anagène, catagène et télogène.
  • Les solutions doivent être personnalisées en fonction du diagnostic confirmé pour obtenir les meilleurs résultats.

Pourquoi réaliser un diagnostic en cas de chute de cheveux ?

Perdre entre 50 et 100 cheveux par jour est parfaitement normal : c'est le cycle pilaire naturel qui suit son cours1. Mais quand la chute s'intensifie ou persiste plusieurs semaines, il devient conseillé de consulter un spécialiste pour réaliser un bilan capillaire approfondi !


Un diagnostic personnalisé permet d'identifier avec précision le type de chute de cheveux dont vous souffrez. Est-ce une chute temporaire liée au stress ? Une alopécie androgénétique qui nécessite une prise en charge spécifique ? Un effluvium télogène réactionnel ? Sans examen capillaire rigoureux, impossible de le savoir avec certitude.


Un diagnostic complet évite également de perdre du temps avec des traitements inadaptés. Chaque stade de perte de cheveux demande une approche différente : ce qui fonctionne pour un effluvium anagène ne sera pas efficace contre une alopécie de traction. Vous l'aurez compris : comprendre l'origine de votre problème, c'est mettre toutes les chances de votre côté pour préserver votre densité capillaire.


Enfin, certaines chutes de cheveux révèlent des problèmes de santé plus profonds : des carences en fer, un dysfonctionnement des hormones thyroïdiennes, des infections du cuir chevelu... La consultation médicale permet de dépister ces troubles et de les prendre en charge avant qu'ils n'évoluent.

Quelles sont les principales causes identifiées d'une chute de cheveux ?

Avant même de commencer les examens, le spécialiste va chercher à comprendre quelles causes pourraient expliquer votre perte de cheveux. Plusieurs mécanismes sont fréquemment identifiés lors du diagnostic capillaire.


L'alopécie androgénétique


C'est la forme de chute de cheveux la plus répandue, touchant aussi bien les hommes que les femmes. Elle est liée à la sensibilité génétique des follicules pileux à la DHT (dihydrotestostérone), une hormone dérivée de la testostérone2. Cette sensibilité raccourcit progressivement la phase de croissance des cheveux et entraîne une miniaturisation des follicules capillaires. Les cheveux deviennent de plus en plus fins jusqu'à cesser de pousser dans certaines zones.


Les carences nutritionnelles


Carences et perte de cheveux sont intrinsèquement liées, notamment l'anémie ferriprive (surtout chez les femmes aux règles abondantes)3. En effet, le fer joue un rôle essentiel dans l'oxygénation des bulbes pileux. Sans lui, les fibres capillaires s'affaiblissent et tombent prématurément. D'autres carences comme celles en vitamine D, en vitamines B ou en zinc peuvent également perturber le cycle des cheveux.


Le stress et l'effluvium télogène


Un choc émotionnel intense, une période de stress prolongé ou un événement traumatisant peut provoquer un effluvium télogène 2 à 6 mois après l'événement déclencheur4. Ce type de chute se caractérise par un passage massif des cheveux en phase télogène (phase de repos). Heureusement, cette forme d'alopécie reste généralement réversible une fois la cause identifiée et prise en charge.


Les médicaments


Certains traitements médicamenteux induisent une chute de cheveux comme effet secondaire. Les plus connus sont sûrement les chimiothérapies, qui provoquent un effluvium anagène (perte brutale des cheveux en phase de croissance)5. Les anticoagulants, certains antidépresseurs (ISRS), l'isotrétinoïne ou encore les bêtabloquants peuvent aussi affecter la fibre capillaire.


Les infections du cuir chevelu


Les infections fongiques et bactériennes peuvent provoquer une chute localisée accompagnée d'inflammation, de rougeurs, de pellicules ou de croûtes6. En effet, ces infections attaquent la racine du cheveu et perturbent le fonctionnement des unités folliculaires. Une solution efficace doit être mise en place rapidement pour éviter des dommages permanents.


Les maladies auto-immunes


L'alopécie areata est une maladie auto-immune qui se manifeste par des plaques rondes de perte de cheveux. Le système immunitaire attaque par erreur les bulbes pileux, provoquant leur arrêt de production. Dans les cas sévères, cette pathologie peut évoluer vers une alopécie totale (perte de tous les cheveux du crâne) ou universelle (perte de tous les poils du corps).

Quelles sont les étapes du diagnostic d'une chute de cheveux ?

Le diagnostic capillaire suit un protocole précis qui permet d'établir un rapport détaillé sur l'état de votre chevelure.


L'entretien médical


C'est la première étape, indispensable pour orienter le diagnostic. Ici, le spécialiste pose des questions sur plusieurs aspects de votre vie et de votre historique médical.


  • Il s'intéresse d'abord à l'historique de la chute : depuis quand avez-vous remarqué le problème ? À quel rythme progressent les chutes de cheveux ? Quelles zones sont touchées en priorité ? Ces informations donnent de précieuses indications sur le type de chute.
  • Ensuite, les antécédents familiaux sont passés en revue. Y a-t-il des cas d'alopécie chez vos parents, grands-parents ou frères et sœurs ? La composante génétique joue un rôle majeur dans l'alopécie androgénétique, d'où l'intérêt d'obtenir ces informations.
  • Le médecin explore également vos maladies connues : problèmes de thyroïde, dermatite, stress chronique, grossesse récente, syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), carences nutritionnelles... Tous ces éléments peuvent expliquer une perturbation du cycle pilaire.
  • Vos traitements en cours sont aussi examinés : prenez-vous des rétinoïdes, des anticoagulants, des antidépresseurs ? Votre hygiène de vie compte aussi, notamment la qualité de votre sommeil, votre niveau de stress ainsi que le suivi d'une alimentation équilibrée ou déséquilibrée.
  • Enfin, vos habitudes capillaires sont évaluées. Attachez-vous souvent vos cheveux ? Utilisez-vous régulièrement des appareils chauffants ? Avez-vous réalisé des défrisages ou des décolorations ? Certaines pratiques peuvent provoquer une alopécie de traction ou fragiliser la fibre capillaire.

L'objectif : déterminer les causes possibles et repérer les signes d'alopécie génétique, hormonale, réactionnelle ou mécanique.


L'examen visuel


Le dermatologue procède ensuite à une observation minutieuse de votre cuir chevelu et de vos cheveux. Il évalue plusieurs paramètres importants :


  • la densité capillaire, pour déterminer si la perte est significative ;
  • la répartition de la chute, pour identifier si elle est plutôt diffuse, localisée par plaques ou concentrée sur une zone ;
  • la qualité des longueurs, pour observer si vos cheveux sont cassants, secs ou fourchus ;
  • l'état général de la fibre capillaire, pour révéler d'éventuelles carences ou agressions chimiques ;
  • la présence éventuelle de pellicules, de rougeurs, de croûtes ou de signes d'inflammation.

L'objectif : distinguer une chute diffuse typique d'un effluvium télogène, une alopécie androgénétique, une alopécie de traction ou une pathologie inflammatoire.


Le test de traction


Assez simple (mais révélateur), ce test consiste à tirer délicatement sur une petite mèche d'environ 50 à 60 cheveux pour vérifier combien se détachent. Si 1 à 3 cheveux se détachent, il s'agit d'un résultat normal. Si plus de 6 cheveux tombent, le résultat est anormal et constitue un signe de chute active.


L'objectif : évaluer l'intensité de la chute en cours et confirmer s'il existe réellement un problème au-delà de la perte quotidienne normale.


La dermoscopie


La dermoscopie est une technique d'observation du cuir chevelu avec un appareil grossissant qui permet d'examiner les follicules pileux en détail sans réaliser d'examen invasif. Elle permet notamment de :


  • détecter la miniaturisation des follicules, caractéristique typique de l'alopécie androgénétique où les cheveux deviennent progressivement plus fins ;
  • observer le diamètre irrégulier des cheveux ;
  • identifier la présence de points blancs, de bouchons kératiniques ou de signes d'inflammation ;
  • évaluer l'état général du follicule et déterminer dans quelle phase se trouvent majoritairement les cheveux (phase anagène soit croissance active, ou phase télogène soit le repos avant chute).

L'objectif : réaliser un diagnostic précis du type de chute de cheveux et de l'état des follicules capillaires sans avoir recours à des méthodes invasives.


Le trichogramme


Le trichogramme capillaire est un examen complémentaire qui permet d'analyser précisément le cycle de vie des cheveux. Pour le réaliser, le spécialiste prélève une petite quantité de cheveux, souvent à l'arrière du cuir chevelu dans une zone peu visible, puis les observe au microscope.


Cet examen détermine la proportion de cheveux en phase anagène (normalement 85-90 %), catagène (normalement 1-2 %) et télogène (normalement 10-15 %). Un déséquilibre de ces proportions oriente vers un diagnostic spécifique.


Le trichogramme identifie également d'éventuelles anomalies comme la miniaturisation progressive du follicule, signe caractéristique de l'alopécie androgénétique, ou une casse prématurée de la tige capillaire qui indiquerait une fragilité structurelle.


L'objectif : obtenir une photographie exacte de l'activité des follicules pour confirmer le type de chute (réactionnelle, androgénétique, inflammatoire) et adapter au mieux la stratégie thérapeutique.


Les analyses sanguines


Si le spécialiste suspecte une cause interne à votre chute de cheveux, il peut prescrire un bilan sanguin complet. Cette prise de sang permet de vérifier plusieurs marqueurs essentiels.


Le taux de fer et de ferritine révèle d'éventuelles carences qui affectent directement la santé capillaire. La vitamine D et la vitamine B12 sont aussi mesurées, car leurs déficits perturbent le cycle pilaire.


Les hormones thyroïdiennes (TSH, T3, T4) sont contrôlées pour dépister une hypothyroïdie ou une hyperthyroïdie. La prolactine peut aussi être dosée, car son excès provoque parfois une chute de cheveux. Chez la femme, le dosage des androgènes (testostérone, DHEA-S) permet de détecter un syndrome des ovaires polykystiques ou un déséquilibre hormonal favorisant l'alopécie androgénétique.


L'objectif : repérer une carence nutritionnelle ou un dérèglement hormonal qui expliquerait la perte de cheveux.


La biopsie du cuir chevelu


Rarement nécessaire, la biopsie capillaire reste réservée aux cas complexes où le diagnostic demeure incertain malgré les examens précédents. Elle s'impose notamment en cas de suspicion d'alopécies cicatricielles, comme l'alopécie frontale fibrosante7.


Le médecin réalise un petit prélèvement de peau au niveau du cuir chevelu sous anesthésie locale. Ce fragment est ensuite analysé au microscope pour étudier la structure folliculaire et rechercher des signes d'inflammation, de fibrose ou d'atrophie.


L'objectif : confirmer une cause inflammatoire rare, une maladie auto-immune ou une pathologie cicatricielle qui nécessite une solution efficace et spécifique.

Que se passe-t-il après le diagnostic d'une chute de cheveux ?

Une fois le diagnostic complet établi, le spécialiste élabore une stratégie thérapeutique personnalisée qui peut inclure plusieurs approches complémentaires.


Les traitements médicaux


En fonction du type de chute de cheveux identifié, différents traitements peuvent être proposés. Par exemple, le professionnel peut vous orienter vers des soins à base de Minoxidil pour stimuler la croissance des cheveux et prolonger la phase anagène. Vous pouvez aussi bénéficier de traitements anti-inflammatoires pour les infections du cuir chevelu, d'une hormonothérapie si un déséquilibre hormonal est confirmé, de compléments alimentaires en cas de carences…


Pour les stades avancés d'alopécie androgénétique, la greffe de cheveux ou greffe capillaire est une option à envisager. Cette intervention chirurgicale consiste à prélever des unités folliculaires dans une zone donneuse pour les réimplanter dans les zones dégarnies.


La routine capillaire adaptée


Le dermatologue oriente également vers les bons gestes quotidiens pour préserver la santé capillaire. Une fois le diagnostic établi, il est essentiel d'adopter une routine capillaire renforcée avec des soins anti-chute spécifiquement formulés pour agir sur les cheveux fragilisés.


  • Commencez votre routine capillaire par le Shampoing Énergisant DERCOS, formulé avec de l'Aminexil, une molécule reconnue pour son action sur l'ancrage de la fibre capillaire.
  • Poursuivez avec l'Après-Shampoing Fortifiant DERCOS qui démêle sans alourdir et renforce la fibre capillaire.
  • Complétez votre routine avec le Sérum R.E.G.E.N Booster Régénératif, un soin intensif qui cible directement le bulbe capillaire. Appliqué quotidiennement sur le cuir chevelu, ce sérum aide à ralentir la chute et favorise un environnement propice à la repousse.

En cas d'alopécie de traction, il faut impérativement réduire les coiffures serrées (chignons, tresses, queues-de-cheval) qui tirent sur la racine du cheveu. Limiter la chaleur des appareils chauffants, espacer les décolorations et éviter les lissages agressifs sont aussi des gestes qui préservent les fibres capillaires.


Les massages du cuir chevelu stimulent la microcirculation sanguine et améliorent l'oxygénation des bulbes pileux. Pensez à en réaliser quotidiennement, pendant 5 à 10 minutes, mais aussi lorsque vous appliquez vos soins anti-chute pour augmenter leur efficacité.


Les changements d'hygiène de vie


Au-delà des traitements et des soins, certaines modifications de votre mode de vie peuvent booster la repousse :


  • une bonne gestion du stress par la relaxation, la méditation et/ou le sport pour réduire les risques d'effluvium télogène ;
  • un sommeil de qualité pour améliorer la régénération des follicules ;
  • une alimentation équilibrée, à base de protéines, d'antioxydants et d'acides oméga-3 pour nourrir les follicules de l'intérieur.

Réaliser un diagnostic chute de cheveux complet reste l'étape incontournable pour comprendre l'origine de votre problème capillaire et mettre en place une stratégie thérapeutique efficace. Chaque type de chute de cheveux demande une approche spécifique : l'examen capillaire permet d'établir un diagnostic personnalisé et d'optimiser vos chances de retrouver une chevelure dense. N'attendez pas que la situation s'aggrave : consultez un spécialiste dès les premiers signes d'une chute inhabituelle.



Sources


1 Ho, Chin H., Tanuj Sood, et Patrick M. Zito. « Androgenetic Alopecia ». In StatPearls. StatPearls Publishing, 2025. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK430924/.

2 Asfour, Leila, William Cranwell, et Rodney Sinclair. « Male Androgenetic Alopecia ». In Endotext, édité par Kenneth R. Feingold, Bradley Anawalt, Marc R. Blackman, et al. MDText.com, Inc., 2000. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK278957/.

3 Park, Song Youn, Se Young Na, Jun Hwan Kim, Soyun Cho, et Jong Hee Lee. « Iron Plays a Certain Role in Patterned Hair Loss ». Journal of Korean Medical Science 28, no 6 (2013): 934‑38. https://doi.org/10.3346/jkms.2013.28.6.934.

4 Alanazi, Abdulaziz S., Waleed A. Alsalhi, Waleed K. Alghuyaythat, et al. « Stress-Related Hair Loss Among the General Population in Al Majma'ah, Saudi Arabia: A Cross-Sectional Study ». Cureus 15, no 10 (2023). https://doi.org/10.7759/cureus.46517.

5 « Overview: Hair Loss in Chemotherapy ». In InformedHealth.Org [Internet]. Institute for Quality and Efficiency in Health Care (IQWiG), 2023. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK547552/.

6 Al Aboud, Ahmad M., et Jonathan S. Crane. « Tinea Capitis ». In StatPearls. StatPearls Publishing, 2025. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK536909/.

7 Fechine, Carolina Oliveira Costa, Neusa Yuriko Sakai Valente, et Ricardo Romiti. « Lichen planopilaris and frontal fibrosing alopecia: review and update of diagnostic and therapeutic features ». Anais Brasileiros de Dermatologia 97, no 3 (2022): 348‑57. https://doi.org/10.1016/j.abd.2021.08.008.

SKINCONSULT AI

VOTRE DIAGNOSTIC DE PEAU

ÉLABORÉ PAR LES DERMATOLOGUES

COMMENCER VOTRE DIAGNOSTIC